• Une chanson pour la liberté des Tibétains ! Par Tamding : "La route ouverte"

    The song for Tibetan's freedom! song by tamding "open road"


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  • « Le président n’est pas fiable » est le point de départ des idéaux démocratiques, dompter le gouvernement et les dirigeants est la tâche fondamentale de la politique démocratique.

    Nous reproduisons ici un texte de Tsering Woeser initialement traduit et publié par Le Tibet Invisible. Il est également disponible en Anglais sur High Peaks Pure Earth, ou encore en chinois sur le Blog de Woeser.

    Tsering Woeser est une écrivaine tibétaine vivant actuellement en Chine où elle est assignée à résidence mais d’où elle publie de nombreux textes politiques sur le Tibet mais aussi de la littérature et de la poésie. Elle est l’une des voix contemporaines les plus importantes de la cause tibétaine. Un grand merci au blog Le Tibet Invisible pour cette traduction (et de nombreuses autres).

     


    « Chercher querelle », « petits détails », « établir l’autorité »

     

    Pour dire la vérité, lorsque j’exprime une opinion contraire à celle des dirigeants tibétains en exil, même si c’est pour rappeler que le décompte des immolations doit remonter jusqu’à celle de Libai en 2009, j’ai une hésitation et une confusion sans précédent. Des voix me parviennent de l’extérieur des frontières qui affirment fortement et sûres d’elles-mêmes : en ces temps difficiles, nous devons serrer les rangs, il ne faut pas se chercher querelle, il ne faut pas influencer les grandes circonstances en raison de petits détails, c’est le temps d’établir l’autorité du chef, et non pas de le critiquer… Ce genre de paroles, pour moi qui vis dans une société dictatoriale, sont trop familières. Les dictateurs toujours s’appuient sur ce genre de prétexte pour exiger de la société qu’elle soit « unie dans la détermination, unie dans l’action, unie dans la discipline ».

     Critiquer les dirigeants, cependant, devrait être une norme fondamentale d’une société démocratique. Réprimer de telles critiques, quels que soient les motifs et les raisons, est incompatible avec la démocratie. Une société démocratique d’âge mûr ne devrait jamais traiter les élus comme de « Grands Leaders », mais plutôt comme des objets qui nécessitent une constante surveillance. « Le président n’est pas fiable » est le point de départ des idéaux démocratiques, dompter le gouvernement et les dirigeants est la tâche fondamentale de la politique démocratique. Et à cette fin, il s’agit d’abord de la liberté de critiquer. Par conséquent, une société démocratique sera remplie de ce genre de grandes et petites « critiques » contre les dirigeants.

     

     

      Oui, nous traversons des moments difficiles, mais ces difficultés ne sont pas une raison pour exclure la critique. À l’inverse, il faut encore prévenir les erreurs des dirigeants par la critique. En fin de compte, si les critiques sapent vraiment l’unité, la responsabilité n’incombe qu’aux leaders eux-mêmes : tant que ces derniers accepteront les critiques, l’unité ne sera que plus forte. Aristote a dit que « la morale est un tout » — une personne ne peut pas respecter la morale dans les « grandes choses » seulement pour l’abandonner complètement lorsque les « petites choses » l’exigent. En vérité, abandonner la morale même sur un détail minuscule implique le début du déclin de l’ensemble. De même, « les grandes circonstances » et les « grandes choses » sont également un tout, et le problème que révèle ce « détail » est indéniablement présent à l’intérieur des circonstances plus larges. Ainsi, critiquer ce « détail » non seulement influencera les « grandes choses », mais même les aidera.

     Une société démocratique peut évidemment engendrer de très grands leaders, mais il s’agit toujours d’un jugement final et jamais d’un couronnement au moment de leur élection. Être élu n’est pas la preuve de cette grandeur : ce n’est que le début de l’épreuve à passer. Lorsque l’on regarde l’histoire, dans tous les endroits de ce monde, partout vous trouverez des élus qui ont brisé la confiance des électeurs. Il faut retenir cette leçon et, en tant qu’électeurs, seule la critique est la solution : la critique seule est apte à nous éviter de nous joindre à la liste de ces perdants, voilà pourquoi nous devons lui être reconnaissants.

     Sa Sainteté le Dalaï-Lama dispose d’un pouvoir inhérent et suprême, que le peuple tibétain reconnaît inconditionnellement. Si Sa Sainteté le Dalaï-Lama a abandonné une telle autorité en politique, ce n’est pas pour qu’un autre puisse prendre en charge cette autorité. Cela n’est ni nécessaire, ni acceptable pour le peuple. Sa Sainteté le Dalaï-Lama vise une transformation fondamentale, comme le slogan démocratique de Taiwan le déclarait : « le peuple est roi ». Ainsi, le peuple deviendra l’autorité politique et les dirigeants politiques deviendront des fonctionnaires qui servent ce peuple.

     En examinant bien, on voit que l’un des critères d’une société démocratique est l’attitude des dirigeants envers le peuple. Si un dirigeant est arrogant, croit que lui seul a raison, réprimande les opinions contraires, il est évident que ce dirigeant n’a pas encore compris ce qu’est la démocratie et cette société n’a pas encore su rendre réalité le pouvoir par le peuple.

     De quelle manière les leaders politiques en exil après la retraite de Sa Sainteté établiront leur légitimité (différente de celle — infaillible — de Sa Sainteté le Dalaï-Lama) en tant que représentants des six millions de Tibétains de l’intérieur sera toujours un problème majeur, et propre à la vie du Tibet en exil, mais qui devra être réglée. En réponse, s’appuyer sur à peine quelques dizaines de milliers de voix en exil ne suffit pas. Avant que les six millions de Tibétains ne puissent être en mesure d’utiliser leur droit de vote, cette représentation devrait au moins tenir compte de l’interaction étroite des dirigeants en exil et de l’intérieur du Tibet. Cet échange doit comprendre autant de louanges que de critiques. Et les dirigeants en exil au minimum doivent se montrer humbles, bons, positivement réactifs dans ce processus.

     Pour incarner un niveau encore plus élevé de légitimité, alors il faudrait jouer un rôle de leadership efficace pour guider les Tibétains et leur proposer des moyens et une direction. Tout le monde sait que cela est ardu, mais celui qui sera capable de réaliser une percée dans cette situation difficile deviendra un grand leader politique.

     J’attends.

     5 mars 2012


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  • Dans une interview à la presse étrangère, rapportée par libération, le leader du Front de Gauche et président du Parti de Gauche répond à une question d'une journaliste indienne sur le Tibet. Libération rapporte :

    [Interrogé sur le Tibet par une journaliste indienne, il a dénoncé ceux qui veulent le faire passer pour un « diable rouge méprisable », rappelant sa position : « j’ai toujours été hostile à tous les régimes théocratiques fussent-il aussi sympathiques que ceux que nous connaissons par les aventures de Tintin au Tibet ».]

    Nous ne sommes jamais tombé dans le piège qui consisterait à caricaturer M. Mélenchon sous la forme d'un quelconque "diable rouge" (image dont il se sert finalement pour se victimiser en quelques sortes). Nous nous contentons d'énoncer un fait : les propos, les termes que M. Mélenchon utilise pour répondre à la question tibétaine sont directement issus de la propagande chinoise : "rétablissement d'une théocratie", "régime réactionnaire dirigé par des prêtres"...

    Qu'importe que M. Mélenchon utilise ces termes parce qu'ils représentent une analyse propre ou une possible amitié/respect/stratégie/autre vis à vis du gouvernement chinois. Ils sont semblables à l'identique au catéchisme propagandiste du PCC.

    Nous l'avons plusieurs fois rappelé, le gouvernement tibétain en exil est aujourd'hui doté d'une constitution, d'un parlement élu, d'un gouvernement issu de ces élections, d'un premier ministre laïc, représentant officiel des tibétains. Le Dalaï Lama a renoncé à tout pouvoir politique depuis 2011, dont ses dernières responsabilités, devenues très symboliques depuis 2001. Personne ne revendique un quelconque retour à un "Tibet théocratique".

    M. Mélenchon sous-entend que la sympathie pour la cause tibétaine prendrait ses sources dans "Tintin au Tibet" !

    Mais on dirait que c'est lui qui mériterait d'élargir un peu ses lectures. Il réclame du sérieux, du concret ? Voilà le genre de lectures sur lesquelles nous appuyons nos réflexions, nos positions, notre engagement :

    -Une perspective historique, militante et sans conscessions :

    La reconquête du Tibet, Indigène, 1999

    Tseten Norbu appelle à en finir avec un Tibet mythique. Retraçant l'histoire de son pays et son peuple, il livre une analyse claire et sans faux-semblants de l'Histoire du Tibet, avec la critique politique qu'elle mérite. Tseten Norbu propose une stratégie de reconquête du Tibet où les dissidents Chinois, où les peuples de Turkestan, de Mongolie, du Tibet joueraient leur rôle.

    -Un ouvrage fait par des universitaires de différents pays :

    Le Tibet est-il chinois ? Albin Michel, 2002, sous la direction d’Anne-Marie Blondeau et de Katia Buffetrille.

    Pour la première fois, des chercheurs du monde entier se sont réunis pour donner au lecteur une connaissance aussi exacte et pondérée que possible du Tibet. Un ouvrage reconnu par la communauté scientifique. M. Mélenchon, féru d'Histoire saura apprécier.

    -Quelques rapports récents et questions aux Nations Unies sur la situation au Tibet :

    People’s Republic of China (PRC): Tibetans confronted with increasing discrimination (2012)

    Racial Discrimination in the Tibetan Autonomous Region and other Tibetan areas in the People’s Republic of China (2009)

    UN human rights experts call for restraint and transparency as mass arrests are reported in the Tibet Autonomous Region and surrounding areas in China (2008)

    - Et si il devait y avoir une bande dessinée à mettre dans cette courte bibliographie (car la BD peut être un média tout aussi sérieux et documenté qu'un autre), ça ne serait absolument pas "Tintin au Tibet" mais bien Où la neige ne fond jamais d'Olivier Ferra & Sylvain Sanchez.

    ou la neige ne fond jamais

    M. Mélenchon, arrétez la caricature, vous qui vous présentez souvent comme "victime de caricatures".

    Prenez le temps de lire ces quelques documents, discutez en avec vos partenaires du Front de Gauche qui sont plus ouverts sur la question. Comme nous l'avons fait avec vos camarades du PCF, nous souhaiterions rencontrer les chargés de questions internationales du Parti de Gauche (et toute autre composante du Front de Gauche intéréssée) pour discuter de la question du Tibet, car non, nous ne pensons pas que vous êtes un "diable rouge" mais surtout quelqu'un de mal informé.

    Place au Peuple Tibétain !

     

     

     


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    Une vidéo de présentation des actions de Students for a Free Tibet - France / Etudiants pour un Tibet Libre.

    Pour revoir en quelques minutes notre engagement et nos actions de ces dernières années pour un Tibet Libre et Indépendant. Un hommage à tous-tes celles et ceux qui nous ont accompagné et soutenu jusqu'ici. Une invitation à nous rejoindre pour les autres.

    Un hommage au peuple tibétain et sa lutte non-violente pour la liberté.

    Vive la Tsampa Revolution !

    ETL/SFT-France


    La musique est du groupe tibétain JJI exile Brothers basé à Mcleod Ganj, Dharamshala.

     


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  • Shapaley: un rappeur tibétain comme on les aime : original, du flow, avec la touche d'humour qu'il faut, sans prise de tête.

    Habitant en Suisse, Karma Emchi, connu aussi sous le nom de Shapaley, s'est rapidement imposé parmi les artistes tibétains de demain au sein des communautés en exil et leur entourage.

    Son premier morceau qui a fait le tour de la planète "Shapale Song", à la fois de qualité et "second degré", lui a donné son nom d'artiste. Le Shapale, galette traditionelle tibétaine frite, désignant familièrement la baffe (en France on dirait "mettre une tarte"). Cette vidéo a fait le tour du Web et est arrivée jusqu'au Tibet et en Chine.

    C'est d'ailleurs aux tibétains et tibétaines de l'intérieur du Tibet qu'il s'adresse dans son second succès : Made in Tibet. Morceau qui lui vaudra même quelques articles de presse dont Courrier International. Se rappeler d'où l'on vient, dire aux "brothers and sisters" qu'on ne les oublie pas, penser au Tibet de demain : voilà la trame de fond des textes de Shapaley.

    Son dernier morceau invite les tibétains d'Europe à se rendre au Parlement Européen de la Jeunesse Tibétaine. A écouter ça vaut le détour !

    On espère le faire venir jouer en France à l'occasion. Parce qu'il s'adresse de façon touchante et militante à la jeunesse tibétaine...Et parce qu'on est juste des gros fans !


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