• Une rencontre "Rangzen" propose l'idée d'un Congrès National Tibétain

    Une rencontre Rangzen*  a été organisée le 27 juin 2012 dans la bibliothèque des métiers et archives de Dharamsala. Elle regroupait une cinquantaine de personnes engagées dans la lutte pour l’indépendance du Tibet et qui continuent de travailler ensemble en direction d’une indépendance tibétaine.

    En plus de discuter sur les divers moyens pour mener ce combat et les manières de diffuser l’idée Rangzen, la rencontre s’est attachée à traiter de la situation très critique au Tibet du point de vue des droits de l’Homme, sous-lignée par l’actuelle vague d’immolations de tibétain-es .

    La réunion était animée par un ancien premier ministre et fondateur du TYC Sonam Topgyal ainsi que Jamyang Norbu, écrivain tibétain et militant de longue date de la cause Rangzen. En plus de l’éminent combattant de la liberté Lhasang Tsering, la rencontre accueillait des membres du Parlement Tibétain en Exil, des universitaires tibétains,  des auteurs, militants et un docteur. Les participants prirent part à une discussion qui dura toute la journée sur leurs capacités individuelles (et non comme représentants d’une institution ou d’une organisation).

    Rangzen meeting 2012

     

    La réunion s’est attachée à observer la signification historique de 2013, centenaire de la restauration du statut indépendant du Tibet par le 13ème Dalaï Lama (1913). La réunion a donc  constitué un comité de coordination de 9 membres qui va organiser un conseil Rangzen à Dharamsala.

    Jamyang Norbu qui a organisé le « tour de table Rangzen » à New York cette année a présenté la proposition de créer un Congrès National Tibétain (Tibetan National Congress, TNC) et une base de texte de fondation de cette organisation (dont la finalisation est toujours en cours). S’appuyant sur l’expérience historique et les bases de l’Indian National Congress et de l’African National Congress, Jamyang Norbu a dit que le TNC aurait le potentiel d’amener le combat pour la liberté des tibétains à un nouveau niveau, en apportant de la coordination entre toutes les organisations et individus résolus à continuer la lutte pour un Tibet Indépendant.

    Rangzen meeting 2012 at work

    La réunion a fortement apprécié l’idée d’un Congrès National Tibétain  et exprimé de nombreux souhaits d’en faire partie. « Je suis heureux que cette idée ait trouvé une connexion et une appréciation immédiate au sein de la jeunesse de Dharamsala. C’est ici que devrait avoir lieu ce rassemblement et cet engagement vers un nouvel échelon. »  a déclaré Jamyang Norbu.

    « En plus d’échanger sur les immolations au Tibet et nos réponses,  cette rencontre a déterminé l’organisation d’une conférence Rangzen majeure l’année prochaine et discuté les détails d’un Congrès National Tibétain qui en est au premier stade de sa construction. » a ajouté Tenzin Tsundue, un des coordinateurs de la réunion.

    Rangzen meeting 2012 Dharamsala

     

    Jamyang Norbu a entamé une tournée de conferences (Dharamsala, Massoorie, Kalipong et Delhi) avant de retourner aux États-Unis.

    *Rangzen désigne le mouvement des tibétains luttant pour l'indépendance totale du Tibet (NDT)

    Photos : Tenzin Tsundue


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  • Nous avions parlé il y a quelques semaines des positions de différents partis et responsables politiques à l'occasion de l'élection présidentielle. Nous avions notamment évoqué le double-discours de Jean-François Copé et le le jumelage de l'UMP et du Parti Communiste Chinois. Sur le site Marianne2.fr, nous sommes tombés sur le Memorandum_jumelage_UMP_PCC, officialisant le jumelage en question.

    Il y est notamment écrit « Les deux parties sont d'avis que, sur la base des principes d'indépendance et d'autonomie, d'égalité complète, de respect mutuel et de non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui, le PCC et l'UMP développeront activement des échanges afin d'améliorer la connaissance mutuelle, élargir le consensus, renforcer la confiance réciproque, approfondir l'amitié, promouvoir la coopération et assurer un développement sain, stable et à long terme des relations sino-françaises. »

    C'est signé du 22 octobre 2009 à Pékin par Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, et Wang Jiarui, chef du département international du Parti communiste chinois (PCC).

    Edifiant.

    Image IPB

    Rappelons qu'à l'UMP certains s'étaient offusqué de cette alliance, dont le tristement connu Lionnel Luca, dont la grande inquiétude fut "Notre électorat de droite anticommuniste ne va pas apprécier, ni les bobos dont on veut avoir les voix" (métro) pour ensuite évoquer le fond : "Le PCC est un parti totalitaire avec la responsabilité de millions de victimes innocentes en Chine". Mais bon encore une fois il a su faire preuve d'une grande clarté sur les raisons de son "amitié" pour la cause tibétaine : séduire "l'electorat de droite anticommuniste et les bobos". La classe ! Les tibétain-es éxilé-es, les familles d'immolé-es, les prisonnier-ères torturé-es apprécieront d'être un si chouette tremplin pour le réac' Luca. 

    Tout aussi édifiant.

    Autant dire que la nouvelle majorité a intérêt à donner un sérieux tournant dans les rapports entre la France (et l'Europe) et la Chine.

    On les attend là dessus, et le G20 de Mexico est pour bientôt.

    Qu'on se le dise !

     

     

     


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  • Un article du Washington Post d'hier rapporte les accords de coopération militaire entre les 2 nations, concernant notamment l'entrainement des forces chinoises confrontées aux Tibétains et Ouïghours.

    Ce lien a été souligné ces derniers jours, notamment par la visite à Pékin de chefs militaires Israéliens et la mission d'entrainement de paramilitaires chinois en Israel qui, entre autre, font face aux griefs des Tibétains et Ouïghours. Le Premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahu devrait être en visite en Chine prochainement.

    A l'issue de leur rencontre lundi, les chefs militaires chinois (Général Chen Bingde) et Israélien (Général Benny Gantz), ont salué des liens grandissant et les possibilités de coopération militaire toujours plus renforcées.

     L'article avance, entre autre, que pour Israel, la Chine est à la fois un énorme marché emmergent pour son expertise militaire et une voix internationale influente sur la question du nucléaire Iranien.

    A lire  ICI (Washington Post et Associated Press)


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  • Il y a bientôt un an (juin 2011), nous interpellions François Hollande, alors député, devant l'Assemblée Nationale.

     

     

    "Je connais la situation au Tibet", nous avait-il déclaré. A l'écoute des manifestants, il avait pris connaissance des documents que nous lui avions remis sur la situation du monastère de Kirti (300 moines disparus) et plus généralement la situation au Tibet.

    Espérons que le nouveau président ait gardé sa préoccupation pour la question du Tibet et plus généralement des Droits de l'Homme intacte. Car il est très attendu en tant que nouveau Président sur ces sujets.

    L’attitude trop conciliante de la France ces dernières décennies envers le gouvernement chinois, qui n’a montré aucun signe de changement, se paye aujourd’hui dans la violence de ce régime  envers les Tibétains, les Ouïghours et l’ensemble des populations vivant sous son autorité. Il est de la responsabilité de chaque acteur politique de participer au changement, pour qu’enfin la question du Tibet et des droits de l’Homme soit abordée sans faux-fuyant.

    La nomination de comme conseiller diplomatique de Paul Jean-Ortiz qui était jusqu'ici directeur d'Asie au Quai d'Orsay, montre que les rapports avec la Chine et l'Asie seront déterminants au cours de ce quinquenat.

    Nous seront donc très attentifs au positionnement du nouveau chef de l'Etat et de son entourage.

    Agir vite, pour le Tibet, pour la liberté, contre les dictatures. Une priorité !

     

    une autre version de la vidéo ici

     François Hollande Tibet


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  • N'oublions pas le Tibet !

    Le Monde.fr |26.04.2012 à 08h50 • Mis à jour le26.04.2012 à 08h50

    Par Jean-François Humbert, sénateur UMP du Doubs, André Gattolin, sénateur EELV des Hauts-de-Seine


    Attaché à la non-violence, soucieux de mettre en place des institutions démocratiques pour son peuple en exil et dans son pays natal, respectueux de la Constitution de l'Etat auquel celui-ci se trouve incorporé depuis 1950... Pourquoi le Dalaï-Lama ne parvient-il pas à être considéré en Occident pour ce qu'il est : l'un des principaux leaders de l'opposition démocratique au parti-Etat qui dirige actuellement la Chine ? Chacun des points précités constitue pourtant une évidence pour qui connaît un peu la question tibétaine...

    L'attachement à la non-violence est celui dont le Dalaï-Lama est le plus fréquemment crédité. Depuis des décennies que dure l'occupation du Tibet par la Chine, il n'a jamais varié de position à cet égard, dans le cadre de la solution politique et diplomatique qu'il préconise et qu'il a dénommé la " voie du milieu ". Aujourd'hui, alors que la mainmise du régime de Pékin se fait toujours plus oppressante à la suite du soulèvement tibétain du printemps 2008, le désespoir des Tibétains s'exprime par une série dramatique d'auto-immolations par le feu. C'est-à-dire par une violence qu'ils tournent contre eux-mêmes, non pas contre les Chinois.

    Moins connu, le deuxième point mérite tout autant notre attention. En effet, le Gouvernement tibétain en exil à Dhamramsala, en Inde, a mis en place des institutions démocratiques pour la communauté tibétaine réfugiée hors de Chine. Contrôlé par un Parlement élu par environ 130 000 Tibétains exilés dans le monde, un pouvoir exécutif bien organisé gère les intérêts matériels et moraux de cette diaspora. Elu au suffrage universel depuis 2001, le Premier Ministre s'est vu transférer au printemps dernier les pouvoirs politiques antérieurement détenus par le Dalaï-Lama. Le titulaire actuel de la fonction, le docteur Lobsang Sangay, est un Tibétain de la jeune génération, né en Inde, éduqué aux Etats-Unis et diplômé de Harvard. La démocratisation des institutions tibétaines voulue par le Dalaï-Lama est donc une réponse convaincante aux accusations portées contre lui par les autorités de Pékin de vouloir restaurer son pouvoir "théocratique" antérieur à 1950. Mais ce n'est pas tout : les autorités de Dharamsala proposent également une démocratisation des institutions du Tibet chinois.

    Ce troisième point est presque complètement ignoré. Il fait pourtant l'objet de tous les efforts des autorités tibétaines en exil. Interrompu depuis 2002, le dialogue entre les autorités chinoises et les envoyés du Dalaï-Lama a ensuite repris peu après les événements de 2008. Le but de ce dialogue, du côté tibétain, est évidemment de parvenir à une solution négociée du problème du Tibet. Cette solution, présentée en novembre 2008 sous la forme d'un Mémorandum, propose une véritable autonomie pour les régions de peuplement tibétain, dans le strict respect de la Constitution actuelle de la République de Chine. Car celle-ci prévoit des droits particuliers pour les " nationalités ". Mais il est vrai que ceux-ci n'existent que sur le papier. Ils sont quotidiennement bafoués par la réalité coloniale sur le terrain. Du côté chinois, le but de ce dialogue était de gagner du temps face à la réprobation internationale suscitée par la lourde répression des événements de 2008. Après une série de trois rencontres - et les Jeux Olympiques de Pékin passés - ce processus est désormais au point mort depuis début 2010.

    Ce bref rappel des faits devrait amener les Occidentaux à s'interroger sur les raisons pour lesquelles ils ne soutiennent pas plus fermement le Dalaï-Lama, le gouvernement tibétain en exil et le peuple tibétain tout entier. Comment et pourquoi la propagande chinoise qui présente les Tibétains en exil comme une poignée d'anciens aristocrates regrettant leurs privilèges dans le Tibet d'"Ancien régime" parvient-elle en effet à rencontrer une telle bienveillance au sein d'un pays démocratique comme la France ? Mystère ! Il est pourtant évident qu'un Tibet réellement autonome et doté d'élections libres constituerait un ferment démocratique pour une Chine qui évolue rapidement et en profondeur. On peut facilement imaginer pour qui voteraient les Tibétains s'ils avaient réellement le choix... Mais il est probable que les Chinois présents au Tibet ne voteraient pas, eux non plus, pour le parti-Etat qui dirige la Chine depuis 1949 ! Combien d'auto-immolations faudra-t-il encore avant que les démocraties occidentales se saisissent à bras le corps de cette question ? Il est urgent que celle-ci soit placée en haut de l'agenda des discussions entre Pékin et les chancelleries diplomatiques occidentales, et qu'elle soit traitée dans un cadre multilatéral, et non pas seulement bilatéral.

    En attendant, en tant que sénateurs représentant des citoyens français sensibles dans leur ensemble à la question tibétaine, nous nous apprêtons à participer à la sixième conférence interparlementaire mondiale sur le Tibet, qui se tiendra du 27 au 29 avril au Canada, à Ottawa. Nous espérons que ces échanges entre élus originaires de tous les pays démocratiques pourront contribuer à hâter l'avènement d'une solution négociée, seule capable de soulager réellement et durablement les souffrances du peuple tibétain. Nous nous adressons aussi au Président de la République qui sera élu le 6 mai prochain pour lui recommander, lorsqu'il aura à évoquer la question du Tibet avec ses interlocuteurs chinois, de ne pas obéir à une realpolitik inspirée de considérations mercantiles et à courte vue. Bien au contraire, ce sera agir en ami de la Chine que de s'exprimer franchement pour faire comprendre à ses dirigeants qu'il est indigne de la grande puissance que ce pays prétend être devenue d'agir comme elle le fait à l'égard de la petite nation tibétaine.

    Jean-François Humbert et André Gattolin sont respectivement président et membre du Groupe d'information sur le Tibet au Sénat.

    Jean-François Humbert, sénateur UMP du Doubs, André Gattolin, sénateur EELV des Hauts-de-Seine


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  • Pour la visite du président chinois Hu Jintao à New Dehli, toute manifestation de la communauté tibétaine est interdite.

    La police et l'armée indienne ont reçu l'ordre de "restreindre tout mouvement de la population tibétaine" tant que les dignitaires chinois seront en ville, d'après le porte-parole de la police Rajan Bhagat. Les tibétains vivant à New Dehli  ont été assignés à résidence, parfois parqués dans certains quartiers, ne pouvant sortir que pour raison médicale sous escorte policière. Ces mesures répressives auront lieu jusqu'au 31 mars.

    La répression vise en particulier certains activistes tibétains connus comme le poète et écrivain Tenzin Tsundue, qui a été arrété "de façon préventive" après une conférence qu'il donnait. La visite du président chinois se fait dans un cadre particulièrement tendu, sur fond d'état de guerre au Tibet, entre répression et immolations de tibétains. Tension qui est montée d'un cran avec l'immolation d'un tibétain exilé à New Delhi le 26 mars.

    Malgré ce cadre répressif inacceptable pour les tibétains vivant à New Delhi, des actions de protestations et manifestations ont lieu, donnant elles aussi lieu à des arrestations, comme ici, aux abords de l'hotel accueillant Hu Jintao.

     

    Un appel a été lancé pour manifester demain au Jantar Mantar, défiant toutes ces restrictions.

     

     

    Non aux intimidations ! Que le peuple tibétain puissse faire entendre sa voix !

     

     


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