• Vu sur le site de RFI

    La liberté de la presse est encore attaquée en Chine. Trois associations de correspondants étrangers basées à Pékin, Shanghai et Hongkong se déclarent, ce mardi 21 août, « extrêmement préoccupés par des incidents récents aux cours desquels des journalistes ont été menacés, harcelés, voir brutalisés lors de reportages en Chine ». Ce n’est pas la première fois que ce genre d’attaques se produit, mais leur fréquence et le fait que des membres des forces de sécurité officielles aient pu y être mêlés, témoigne d’une dégradation du métier d’informer dans le pays.

    Des policiers empêchent un journaliste étranger de pénétrer dans le centre commercial de Wangfujing à Pékin, le 27 février 2011.
    Des policiers empêchent un journaliste étranger de pénétrer dans le centre commercial de Wangfujing à Pékin, le 27 février 2011.
    Reuters/Petar Kujundzic

     

    « La Birmanie vient de décréter l’abolition de la censure, mais chez nous rien ne bouge ». Cette critique lue sur les réseaux sociaux chinois, ce mardi 21 août, va dans le sens de ce communiqué du Club des correspondants étrangers en Chine (FCCC). L’organisation, considérée comme « illégale » par Pékin, donne plusieurs exemples des agressions dont ont été victimes certains de ses membres récemment.

    « Tuez les espions étrangers »

    Le 28 juillet dernier, un journaliste japonais qui souhaitait couvrir une manifestation antipollution à Nantong a été battu par des policiers. Le 10 août à Hefei, c’est un reporter de Hongkong qui est agressé devant le palais de justice, là encore par des hommes en uniforme. Les incidents rapportés par la télévision allemande dans la province du Henan, le 11 août dernier, sont encore plus graves. Une équipe de la chaîne ARD raconte avoir été menacée par une foule en colère et détenue dans la cantine d’une usine chimique située près de la ville de Jiaozuo, dans le comté de Zhong Shan.

    « Les gardes de l’usine nous ont empêchés de filmer, affirme la chaîne dans un communiqué. Les responsables de l’usine avaient apparemment désinformé et monté les travailleurs contre nous, leur disant que nous étions des espions. Les ouvriers ont pris d’assaut le bâtiment (…), puis nous ont attaqués et confisqués notre caméra (…). Ils nous ont forcés à effacer nos enregistrements sans pour autant nous laisser partir. A l’extérieur, les ouvriers criaient "Tuez les espions étrangers !" Nous avons été détenus pendant 9 heures. »

    Pas de visa pour al-Jazira

    Ces méthodes ne sont pas nouvelles, mais jusqu’à présent les forces de l’ordre étaient rarement impliquées. L’année dernière, les révoltes arabes, qui ont pourtant eu un très maigre écho en Chine, avaient déjà entraîné une certaine fébrilité au sein de l’appareil de sécurité publique vis-à-vis de la presse. En mai dernier, une centaine de journalistes étrangers basés en Chine ont fait ainsi état d’une nette dégradation de leurs conditions de travail au cours de l’année écoulée. Enquête balayée d’un revers de main par la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mme Jiang Yu, estimant alors que la liberté d’informer s’était « accrue » en Chine.

    Les faits récents, dénoncés ce mardi par trois associations des journalistes accrédités en Chine, semblent pourtant dire le contraire. A la fin du mois de février, l’envoyée spéciale permanente du bureau anglophone d’al-Jazira, à Pékin, a dû quitter le territoire faute d’avoir pu renouveler son visa. Pour la première fois depuis 1998, une journaliste étrangère a ainsi de facto été expulsée, ont noté les observateurs. Cette décision « marque une vraie détérioration de l’environnement médiatique en Chine et envoie le message que la couverture internationale n’est pas souhaitée », a ainsi souligné le Comité de protection des journalistes, une organisation basée à New York. Certains voyant dans ces incidents à répétitions, un avertissement des autorités chinoises à la veille d’un congrès crucial pour le renouvellement de la direction du Parti communiste chinois.


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  • Les «émeutes vertes» se multiplient en Chine, qu'il s'agisse de protester contre une tannerie, une raffinerie de pétrole ou une pollution au plomb etc. Cette révolte de populations excédées des ravages de la pollution industrielle qui suit le sillage de la folle croissance chinoise est de plus en plus prise en compte par les autorités.

    [Vu sur Aujourd'huiLaChine]

    Si le pouvoir semble "plus conciliant avec les revendications" que, par exemple, avec des manifestations réclamant plus de liberté, ces luttes pour préserver l'environnement finissent parfois par de fortes répressions, notamment au Tibet occupé, où la police va jusqu’à tuer des manifestants.




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    Un manifestant hier à Hongkong, contre l'introduction de cours d'éducation "patriotique" par le gouvernement chinois.

    Photo : Associated Press, trouvée sur WSJ

     

    Lu sur Le Nouvel Observateur

    HONG KONG (Sipa) — Plusieurs dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles des enseignants et de nombreux parents, manifestaient dimanche dans les rues de Hong Kong pour protester contre l'introduction prochaine de cours de patriotisme chinois qui pourraient, selon elles, s'apparenter à du lavage de cerveau. C'est le dernier signe en date du sentiment de gêne croissant concernant l'influence de Pékin dans le territoire semi-autonome.

    Des étudiants et des militants pro-démocratie se trouvaient parmi les manifestants défilant en direction du siège du gouvernement de Hong Kong pour protester contre cette mesure, que les autorités encouragent les écoles à commencer à appliquer à la rentrée des classes en septembre.

    Ils craignent que ces cours constituent une forme de lavage de cerveau pour les enfants qui seraient incités à soutenir le Parti communiste chinois. Le gouvernement dément, affirmant qu'ils sont destinés à construire un sentiment de fierté nationale chinoise.

    La controverse a éclaté suite à des informations selon lesquelles des mouvements pro-Pékin ont publié une brochure à utiliser dans les classes qui loue les vertus du parti unique.

    "La Chine veut que la prochaine génération, à Hong Kong, sache à quel point il est merveilleux et ne soit pas au courant des mauvaises choses", affirme Chan Yip-Long, un écolier de 9 ans. "La brochure est très biaisée, alors je m'y oppose."

    Cette manifestation est le dernier signe en date du mécontentement croissant à Hong Kong concernant l'influence de plus en plus importante de la Chine 15 ans après sa rétrocession à la Chine par la Grande-Bretagne, suite à plus d'un siècle de règne colonial. Les tensions ont aussi été alimentées par des inégalités économiques grandissantes, et par l'arrivée à Hong Kong de riches Chinois, considérés comme responsables de la hausse des prix de l'immobilier.

    La police a estimé que 32.000 personnes avaient participé à la manifestation dimanche. Malgré la forte chaleur, de nombreux parents étaient présents, poussant parfois leurs bébés dans des poussettes. Un groupe de jeunes filles criaient: "Nous voulons la vérité, nous ne voulons pas de lavage de cerveau."

    pyr/AP-v0264

    .................................

    Décidément, après les manifestations massives du début du mois de juillet, la mobilisation ne faiblit pas à Hong-Kong face aux tentatives du gouvernement chinois de restreindre toujours plus le cadre démocratique (le fameux "un Pays deux systèmes" apparait dès lors encore une fois menacé).

    L'éducation patriotique (ou parfois "ré-éducation" patriotique) est un élément clé du système politique chinois : dans les pays occupés (Tibet, Turkestan, Mongolie intérieure) comme pour les dissidents chinois. Au Tibet, il s'agit notamment de s'attaquer à la langue tibétaine, d'éxiger en particulier de la part des monastères et des prisonniers de "dénoncer" le Dalaï Lama, l'indépendance historique du Tibet et faire allégence au Parti et symboles de dominataion chinois (portraits des dirigeants, drapeau, hymne...). A ces fins la torture, l'humiliation et l'intimidation sont courrament utilisées.

    On se demande vraiment ce à quoi pensait le président Mao quand il écrivait  «Il est nuisible au développement de l'art et de la science d'imposer par des mesures administratives un style particulier d'art ou une école de pensée à l'exclusion d'une autre. ». Vraiment on se demande...

    Hong-Kong a raison de se dresser une fois de plus contre l'autoritarisme du pouvoir central qui ne tient pas ses engagements de conserver cet îlot de liberté au sein du grand système repressif chinois.

     

    Démocratie en Chine !

     

    Liberté pour le Tibet !

     

     

    Dale de la Rey / AFP / Getty Images

    Manifestants déployant une banderole "contre le lavage de cerveau" qu'instituerait les cours "d'éducation patriotique"

    Photo Dale de la Rey/AFP trouvée sur World Time


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  • Par 

     

    De violentes manifestations ont éclaté dans la ville de de Qidong en Chine. (PETER PARKS / AFP)

    De violentes manifestations ont éclaté dans la ville de de Qidong en Chine. (PETER PARKS / AFP)

    Pour la deuxième fois en un mois, un projet industriel polluant a été définitivement arrêté en Chine après une manifestation durant laquelle le siège du gouvernement local de Qidong, près de Shanghai, a été mis à sac par des protestataires qui ont affronté la police.

    Tôt dans la matinée, des milliers de personnes se sont rassemblées pour protester contre un pipeline transportant jusqu'à leur ville située en bord de mer les eaux usées d'une usine de papeterie du groupe japonais Oji Paper Group, éloignée d'une centaine de kilomètres.

    De très nombreux protestataires ont envahi le bâtiment du gouvernement local dans la cour duquel deux voitures ont été renversées. 

    La foule a été évaluée à "plusieurs milliers" de personnes par l'agence Chine nouvelle, tandis qu'une manifestante interrogée par l'AFP parlait de 50.000 protestataires.

    Au siège du gouvernement, des manifestants se sont emparés de bouteilles d'alcool et de vin ainsi que de cartouches de cigarettes, des articles reçus fréquemment comme pots-de-vin en Chine par les fonctionnaires..

    Certains de ces articles étaient exhibés à l'extérieur du bâtiment gouvernemental, selon une photo publiée sur Sina Weibo, le principal service de microblogging chinois qui compte plus de 250 millions d'abonnés et sur lequel le terme de recherche "Qidong" a rapidement été censuré samedi.

    La cour du siège du gouvernement et les balcons donnant sur cette cour étaient noirs de monde, selon d'autres clichés. 

    Sur deux photos, un homme identifié par des internautes comme le secrétaire du Parti de la ville, Sun Jianhua, apparaît entouré de policiers, le torse dévêtu alors qu'il se serait fait arracher ses vêtements, puis escorté par les forces de l'ordre.

    En milieu de matinée, des affrontements violents ont opposé des manifestants à des policiers venus en grand nombre, a constaté l'AFP.

    Dans le même temps, les autorités faisaient savoir que le déversement des eaux usées de la papeterie, qui avait déjà été provisoirement suspendu, le serait définitivement.

    "La municipalité de Nantong (où est située la papeterie) a décidé d'abandonner définitivement le projet de rejet d'eaux usées dans la mer: nous demandons aux habitants de rentrer chez eux", a déclaré la police sur son microblog.

    Malgré cette annonce, également diffusée par la télévision locale, plusieurs manifestants interrogés au téléphone par l'AFP restaient sceptiques sur les intentions réelles des autorités, tandis que la foule commençait à se disperser.

    Les rejets auraient atteint 150.000 tonnes d'eaux usées par jour quand l'usine, dont la construction a démarré en 2007, aurait fonctionné à plein rendement, selon des habitants cités par le quotidien étatique Global Times vendredi.

    "Nous ne rejetons pas d'eau polluée. L'eau que nous rejetons a été purifiée et est conforme aux normes locales de protection de l'environnement", a assuré de son côté un responsable des relations publiques d'Oji Paper, cité par l'agence japonaise Jiji Press.

    Les mouvements de protestation contre la dégradation de l'environnement, victime de trois décennies d'industrialisation à marche forcée, se multiplient depuis l'an dernier en Chine.

    Début juillet à Shifang dans la province du Sichuan (sud-ouest), des manifestants avaient affronté pendant plusieurs jours les forces de l'ordre avant d'obtenir l'assurance de l'abandon définitif d'un projet d'usine métallurgique polluante.

    Durant l'été 2011, une usine fabricant des panneaux solaires avait été provisoirement fermée à Haining (est) après des manifestations, tandis que les habitants de Dalian (nord-est) avaient obtenu le déménagement d'un complexe pétrochimique qui devait être implanté dans leur ville.

    Source : Nouvel Observateur

     

    Autres photos issues d'une dépêche de l'Agence Reuters :

    Local residents occupy the local government building during a protest against an industrial waste pipeline under construction in Qidong, Jiangsu Province July 28, 2012. REUTERS-Carlos Barria

    Demonstrators smash a car in front of the local government building during a protest against an industrial waste pipeline under construction in Qidong, Jiangsu Province July 28, 2012.REUTERS-Carlos Barria

    Police officers try to calm the crowd during a protest against an industrial waste pipeline under construction in Qidong, Jiangsu Province July 28, 2012. REUTERS-Carlos Barria

    Police officers stands next to a damaged police car after demonstrators occupied the local government building during a protest against an industrial waste pipeline under construction in Qidong, Jiangsu Province July 28, 2012. REUTERS-Carlos Barria

    Local residents stand on smashed cars as they occupy the local government building during a protest against an industrial waste pipeline under construction in Qidong, Jiangsu Province July 28, 2012. REUTERS-Carlos Barria

    Credit: REUTERS/Carlos Barria


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  • Car il est des lieux en Chine où l'on peut manifester et brandir des drapeaux tibétains...

    Hong-Kong, îlot de liberté au sein de la Chine (grâce au fameux "un Pays deux systèmes") est en ce moment particulièrement agité par des manifestations contre a venue du Président chinois Hu Jintao. En effet, si l'autonomie et la liberté de l'ancienne colonie anglaise est théoriquement assurée jusqu'en 2047, Pékin semble ressérer de plus en plus l'étau autoritaire (voir Quinze and après la rétrocession, Hong Kong voit rouge ).

    Quelques jours après la révélation de menaces sur la liberté de la presse et l'influence de Pékin sur le grand journal anglophone de Hong Kong, le South China Morning Post (voir l'article sur Rue89), la venue d'Hu Jintao pour les commémorations officielles du 1er Juillet (date de la rétrocession de Hong-Kong à la Chine) se fait sous haute tension :

    Hier une première manifestation a rassemblée plusieurs centaines de personnes, dont des membres de SFT Taïwan :

    SFT a hong kong Tibet

    Photo : SFT-Taïwan

    Des citoyens Hong-Kongais brandissaient des drapeaux tibétains, certains criant "Le Tibet devrait être indépendant !"

    Aujourd'hui ce sont des milliers de personnes qui convergent pendant plusieurs heures

    Photo de @ptreporter :

    hong kong Freedom unnfft (photo de UNFFT)

    Beijing fuck of Hong Kong 7 1 12

     

    La manifestation se poursuit et vit en direct sur Twitter avec le Hastag #HK71 (pour Hong-Kong 1er Juillet)

     

    "Est-ce que le peuple Hong-Kongais se soucie de son avenir ? Oh que Oui !"  Photo : @webwednesday

    https://p.twimg.com/Awt8mLtCAAAV-_b.jpg
    photo via @huaizhao


    Ambiance...Hier la police de Hong Kong embarquait un journaliste qui voulait poser une question à Hu Jintao sur son sentiment sur les manifestations des Hongkongais chaque année, à l'occasion de l'anniversaire du massacre de Tienanmen.
    D'après les messages twitters de journalistes occidentaux travaillant en Chine, aucune image de ces manifestations n'a été diffusée sur la chaîne nationale d'informations CCTV. 
     

    Saluons la tenacité et la soif de liberté des citoyens de Hong-Kong !

    Partout où les dirigeants chinois voudront restreindre la liberté, ils trouveront des opposants, ils trouveront des activistes de Students for a Free Tibet.

    Démocratie en Chine !

    Liberté pour le Tibet !

     


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  • A Hong-Kong, des militant-es de China Worker, groupe marxiste-trotskiste affilié au CWI-CIO, ont manifesté pour le Tibet aux côtés de militants pro-tibétains. Pour qui maîtrise un peu les rouages de la (complexe) galaxie trotskiste, ça n'est pas étonnant, une partie des organisation s'en réclamant étant très critique contre la politique du gouvernement chinois, ont toujours été opposé au PCC (et n'ont jamais reconnu le maoïsme comme "communiste"), comme à beaucoup de régimes du même type. Par conséquent, ils ont une position plutôt solidaire de la lutte des Tibétains (voir par exemple les articles des groupes francophones du CWI-CIO ici et ici). Anecdotique mais méritant d'être souligné : on peut être Chinois, se revendiquer du communisme et du marxisme, et soutenir la cause du Tibet !

    A méditer pour les détracteurs de la cause tibétaine qui nous traitent d'anti-Chinois ou d'anti-communistes !

    Ils sont Chinois, Communistes et manifestent pour le Tibet

    Ils sont Chinois, Communistes et manifestent pour le Tibet

    Ils sont Chinois, Communistes et manifestent pour le Tibet

    Ils sont Chinois, Communistes et manifestent pour le Tibet

    Ils sont Chinois, Communistes et manifestent pour le Tibet

    Photos : UNFFT-HK


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